La finance, fossoyeur ou sauveur du climat ?

Nicolas Chung finance verte peps
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En dehors de la communauté de l’investissement socialement responsable (ISR), l’industrie financière a longtemps ignoré les enjeux du changement climatique. Mais la dynamique de la COP21, la pression des ONG et des gouvernements, et les travaux des économistes du climat ont provoqué une réelle prise de conscience. Conscience qu’avec le réchauffement climatique, certains actifs, immobiliers, infrastructures, industriels, allaient perdre leur valeur à l’horizon des investissements de long terme des fonds de pension, des assureurs et de certains prêts bancaires. La transition écologique exige la mobilisation massive de la finance privée : les besoins de financement d’infrastructures vertes sont estimés à 6 000 milliards de dollars par an dans le monde. On en est loin. Mais si ces montants sont manifestement hors de portée du financement public, ils ne représentent que 5 % de plus que ce qui serait réalisé par le marché dans un scénario ordinaire.

Il faut donc réorienter l’ensemble des marchés financiers vers le financement d’actifs écologiques qui réduisent pollutions, consommation d’énergie et de ressources, et risques naturels. Ces financements doivent contribuer au gain de pouvoir d’achat des ménages, à la compétitivité des entreprises et à la création d’emplois.

Cette réorientation n’est pas spontanée, car ses bénéfices les plus notables ne se manifestent qu’à long terme, et les risques des actifs verts sont encore perçus comme élevés. L’intervention de la puissance publique est donc nécessaire, dans trois directions principales.

Premièrement, elle doit améliorer la rentabilité et réduire les risques des projets verts. La puissance publique doit mettre un prix sur le carbone et la pollution. Elle doit le faire selon une trajectoire prévisible, de même que doivent être prévisibles les contraintes réglementaires sectorielles. Elle peut également mobiliser les investisseurs publics pour montrer la voie et orienter le marché.

Deuxièmement, elle doit verdir l’offre de produits financiers et stimuler la demande des épargnants. La réglementation financière doit pouvoir pénaliser le financement de projets aggravant le réchauffement climatique. Les places financières doivent encourager les entreprises et les acteurs publics à émettre des emprunts ou des obligations vertes. La défiscalisation de l’épargne doit être éco-conditionnée. Et le financement participatif des projets verts doit être promu.

Troisièmement, il faut que ce verdissement du système financier se fasse dans une grande transparence. Il faut préciser et renforcer le «  reporting climat  » des institutions financières, des actifs financés et des produits financiers. Il faut aussi que la puissance publique définisse avec les citoyens, les acteurs économiques et financiers, des trajectoires de transition dans les différents secteurs économiques, compatibles avec l’objectif des 2°C et les trajectoires financières, publiques et privés, correspondantes. Ces objectifs sont au cœur des 12 propositions de la plate-forme PEPS, que l’on lira ci-après, pour réorienter massivement la finance vers la transition écologique.

Nicolas Chung

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