Préserver l’océan des pollutions terrestres et marines

Samuel Beaumier Océan Peps Méditerranée
Partager  
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email
Partager sur print

80 % des déchets marins proviennent d’activités humaines terrestres (industrie, particuliers, agriculture…) et 20 % d’activités maritimes (navigation, pêche) et sur le littoral (mégots, emballages plastiques, matériel hygiénique, cosmétiques, équipements de pêche…). Les déchets plastiques représentent 70 % des débris trouvés dans les mers et sur le littoral. Nocifs pour les animaux qui les ingèrent, ils se retrouvent aussi dans la chaîne alimentaire humaine. La pollution aux hydrocarbures (extraction du pétrole et son transport, utilisation de carburants et produits polluants pour les activités maritimes…) est une menace permanente pour les écosystèmes.

Des actions concrètes peuvent être mises en place afin de prévenir les pollutions affectant l’océan, de l’amont à l’aval. Parmi les solutions possibles, PEPS propose comme action de communication la création d’une journée européenne de ramassage citoyen des déchets ou encore une campagne nationale de communication sur les risques pour l’environnement. Au niveau des instruments européens nous devrions créer un fonds de recherche et d’expérimentation sur la collecte des déchets en mer et sur les alternatives au plastique. Ce fonds pourrait être accompagné de la mise en place d’une prime incitative pour les navires de pêche qui rapportent à terre leurs déchets. Par ailleurs, à tous les échelons territoriaux, la transition vers le zéro déchet et le zéro plastique doit être accélérée.

Enfin, nous pensons que la France doit s’engager avec son agence de développement (AFD) dans un programme d’aide au traitement/recyclage/ valorisation des déchets plastiques en Afrique. L’océan est un bien commun qu’il convient de préserver. C’est aussi un espace stratégique pour déployer une dynamique de co-développement favorisant la solidarité sociale et environnementale.

Un « Pacte écologique et social maritime » pour la Méditerranée

« La mer joint les régions qu’elle sépare », selon le grand poète anglais Alexander Pope. La mer Méditerranée est une des plus grandes zones d’accumulation de déchets plastiques dans le monde. Avec 200 déchets par km2 la mer Méditerranée est la plus polluée d’Europe. Ses riverains connaissent des disparités sociales très fortes, avec un écart de PIB/habitant d’un facteur 5 et elle vit la tragédie des naufrages de migrants. C’est un espace stratégique pour la France et l’Europe pour déployer une dynamique de co-développement favorisant la solidarité sociale et environnementale.

Nous proposons que la France y négocie un Pacte écologique et social maritime afin de :

  • Renforcer les échanges entre pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée et le Nord, dans la logique d’ouverture des marchés du processus de Barcelone et des projets portés par l’Union pour la Méditerranée, au profit du développement ;
  • Fixer des critères environnementaux qui donneraient droit à des baisses de tarifs douaniers dans les pays du Nord notamment pour l’agriculture biologique, dans le secteur très porteur des fruits et légumes ;
  • Favoriser dans les accords commerciaux les exploitations économes en eau, les filières de prévention et de traitement des déchets et des pollutions, notamment dans l’assainissement, et les procédés employant des énergies renouvelables ;
  • Encadrer le volet social de la production par des critères s’inspirant du commerce équitable favorisant notamment l’industrie issue des ressources locales et l’artisanat ;
  • Instaurer la dématérialisation des documents administratifs et douaniers comme cela se pratique en Asie, au bénéfice de l’efficacité des échanges et de la création d’emplois ;
  • Adapter le règlement communautaire européen sur la pêche pour mieux anticiper l’évolution des stocks de poissons en Méditerranée et étendre le nombre des espèces concernées par le contrôle.

La plate-forme PEPS a souligné en septembre 2019 : « L’océan est au cœur d’échanges mondiaux, qui portent le développement, mais génèrent des déséquilibres sociaux et environnementaux majeurs. » L’océan est un domaine fragile, source de tensions économiques et géopolitiques actuelles et futures, et de nombreux conflits d’usages. PEPS met au débat 12 propositions permettant d’agir ensemble pour un océan écologique et solidaire.

Samuel Beaumier

Partager
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email
Partager sur print
Dans la même catégorie

S'inscrire à la Newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter pour ne rien manquer aux actualités de la plateforme, ses nouveaux
articles, ses prochains événements, ses informations inédites et ses prochains projets.

Commentaires

Pour réagir à cet article, vous devez être connecté

Vous n’avez pas de compte ? > S’INSCRIRE

Laisser un commentaire